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Le Conseil fédéral contre la monnaie pleine

Le Conseil fédéral contre la monnaie pleine

Le Conseil fédéral a présenté ses arguments concernant l’initiative «Monnaie pleine», qui sera soumise au vote le 10 juin. Ce qui prédomine à ses yeux, c’est clairement le risque inhérent à un changement radical de système monétaire. Des économistes, pour leur part, mettent en garde contre les incertitudes et les coûts liés à une éventuelle acceptation de l’initiative.

Dans le cadre d’une conférence de presse, le Conseil fédéral a fait connaître ses arguments concernant l’initiative «Monnaie pleine». Il la rejette avec détermination car, selon lui, les inconvénients l’emportent clairement. Il fait valoir que le système de monnaie pleine prôné par les auteurs de l’initiative n’est pas en mesure de garantir la stabilité financière et qu’un tel système n’a été instauré dans aucun pays à ce jour. L’acceptation de l’initiative impliquerait une réforme profonde du système monétaire actuel, qui fonctionne bien, et elle affaiblirait le secteur financier, notamment au détriment de la clientèle des banques. Le Conseil fédéral redoute enfin qu’elle entraîne une concentration du pouvoir à la BNS et expose cette dernière à une pression politique accrue tendant à lui faire financer des dépenses publiques.

Des économistes suisses opposés à l’initiative «Monnaie pleine»

Les résultats d’une enquête sur l’initiative «Monnaie pleine» effectuée récemment par le Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l’EPFZ, en coopération avec la RTS, sont également sans ambiguïté: parmi les économistes suisses ayant répondu à l’enquête, 75% rejettent l’initiative «Monnaie pleine». En outre, tous sont unanimes pour dire qu’en raison de sa portée économique, la mise en œuvre du régime préconisé par les auteurs de l’initiative serait source de fortes incertitudes, qui risqueraient d’affaiblir la confiance dans le franc. Une nette majorité d’entre eux partage l’avis du Conseil fédéral et considère que l’indépendance de la BNS serait menacée. Les scientifiques du Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l’EPFZ craignent aussi pour la stabilité monétaire et soulignent que, si l’initiative venait à être acceptée, la Suisse servirait de terrain d’expérimentation.