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13 Décembre 2019

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Nouvelles têtes – nouvelles idées?

Nouvelles têtes – nouvelles idées?

La 51e législature s’est ouverte le 2 décembre 2019 par un nombre record de prestations de serment. Mais si les nouveaux membres du Parlement sont légion, les rapports de force entre groupes parlementaires ont également évolué dans la Berne fédérale.

La Suisse a voté – et la vague verte attendue n’a pas manqué de déferler sur la Berne fédérale. Le parti des Verts a vu sa part de suffrages enregistrer une progression historique de 6,1 % et il a conquis 17 sièges au Conseil national. S’y ajoutent quatre nouveaux sièges au Conseil des Etats, ce qui confère aux Verts un certain pouvoir au sein de la Chambre des cantons. Quant aux Vert’libéraux, leur groupe parlementaire a gagné neuf membres d’un seul coup d’un seul. Certes, ils ne sont pas représentés au Conseil des Etats, mais ils sont désormais loin d’être négligeables au Conseil national.

Tous les partis gouvernementaux, en revanche, ont perdu des plumes, dont l’UDC qui a subi les plus fortes pertes. Mais en termes d’effets concrets, c’est le PLR qui paie le prix fort puisque, en raison de la composition des groupes du Centre et des Verts, il se retrouve soudain au cinquième rang du classement des groupes parlementaires par ordre d’importance. Cela pourrait se répercuter sur la répartition des présidences de conseil ainsi que sur la composition des bureaux. En outre, les permutations dans l’ordre des groupes en fonction de leur taille entraîneront des changements dans l’attribution des sièges et des présidences au sein des commissions parlementaires.

Plus jeune, plus vert, plus féminin

Le Parlement est désormais plus jeune, plus vert, plus féminin. Cette tendance, que l’on a pu observer déjà lors des élections cantonales de ces derniers mois ainsi qu’à l’étranger, a d’ailleurs coûté leur siège à un certain nombre de politiciennes et politiciens chevronné-e-s. D’une part, cela se traduira naturellement par des pertes de savoir sur divers dossiers ainsi que sur l’activité parlementaire en général. Mais d’autre part, les nouvelles têtes apportent de nouvelles perspectives, de nouvelles idées, de nouvelles expériences, qui sont susceptibles d’influer très positivement sur la politique suisse. Dès lors, cette recomposition parlementaire laisse espérer un nouveau départ ou des idées alternatives pour des dossiers qui ont eu tendance à s’enliser, comme celui de la prévoyance vieillesse.

Reste à savoir qui, parmi les parlementaires fraîchement élus, aura la capacité de trouver des solutions par-delà les clivages partisans, de forger des alliances et de stimuler la coopération. Dans tous les partis, plusieurs nouveaux visages ont pour ce faire la compétence ou le parcours requis.

Quelles conséquences?

Depuis les élections, dans les médias comme au sein des associations sectorielles et parmi les lobbyistes, on discute assidûment des effets qu’aura la recomposition parlementaire sur le secteur financier (comme sur d’autres secteurs et d’autres questions de société). On observe aussi à la loupe la première session actuellement en cours, en particulier les comportements de vote et les éventuelles dissensions au sein des nouveaux groupes – après quoi la période des fêtes sera une occasion en or pour revenir sur ces observations et discuter, analyser, philosopher, méditer.

Comme bien d’autres, l’Association suisse des banquiers (ASB) s’efforcera en 2020 d’intensifier sa coopération avec les parlementaires à Berne et de mettre à disposition l’expertise dont les membres des Chambres fédérales ont besoin pour promouvoir, par leurs décisions, une Suisse compétitive, libérale et ouverte.