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Le magazine en ligne de l’Association suisse des banquiers
13 Décembre 2019

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Madame, Monsieur

Madame, Monsieur

Quand je songe à mes six premiers mois en tant que CEO de l’Association suisse des banquiers (ASB), il me vient aussitôt à l’esprit une phrase de mon prédécesseur, Claude-Alain Margelisch, à laquelle je ne peux qu’adhérer. Il disait dans sa rétrospective: ça n’a jamais été ennuyeux. Ça ne l’est pas aujourd’hui non plus. Le changement est omniprésent et nous posons des jalons importants pour la place financière suisse, comme le reflètent les articles de ce nouveau numéro d’insight.

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Jörg Gasser - CEO
Le développement durable est un sujet qui nous occupera encore énormément en 2020. Certes, le secteur financier ne peut pas sauver la planète à lui tout seul, mais en soutenant une sortie aussi rapide que possible de l’économie émettrice de CO2, il peut contribuer grandement à ce que les objectifs environnementaux soient atteints. La place financière suisse est consciente de son rôle depuis longtemps et, dans le classement mondial, elle se situe déjà loin devant tous les autres pays dotés de places financières importantes. La Suisse participe activement à un grand nombre d’initiatives internationales, ce qui accélère et généralise la mise en place d’une économie financière durable. Elle fait ainsi fonction de modèle – une fonction sans commune mesure, par son importance, avec la taille de sa place financière, et qui sera décisive à l’avenir pour le positionnement national et mondial de cette dernière.

La Swiss Asset Managers’ Survey, une enquête semestrielle réalisée par l’Asset Management Platform, confirme cette tendance: chez la moitié des asset managers interrogés, plus de 25 % du total des actifs sous gestion sont d’ores et déjà investis conformément aux normes ESG.

Dans le domaine de la numérisation aussi, nous posons des jalons: la migration des données et des prestations vers le cloud n’est qu’une question de temps pour les banques. Toutefois, elle recèle encore des incertitudes, principalement de nature réglementaire et concernant la sécurité. En matière d’open banking en particulier, l’ouverture des interfaces et les échanges accrus de données génèrent de nouveaux risques et de nouveaux défis liés avant tout à la protection des données, à la surveillance et à la cybersécurité. L’ASB entend servir d’éclaireur aux établissements membres en identifiant ces incertitudes et en développant des solutions potentielles.

Sur le front de la politique étrangère enfin, 2020 sera une année décisive. Si l’initiative de limitation, qui vise à abolir la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne (UE), venait à être acceptée, cela signifierait de fait la fin de la voie bilatérale. Or l’accès au marché intérieur européen est fondamental pour la place financière comme pour tous les autres secteurs exportateurs suisses. L’ASB rejette donc fermement cette initiative et préconise de poursuivre dans un esprit constructif le développement des relations avec l’UE.

Je vous souhaite une agréable lecture.

Jörg Gasser