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28 Juin 2020

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Pas de reprise économique rapide en vue

Pas de reprise économique rapide en vue

La Swiss Asset Managers’ Survey recense et analyse les évaluations des principaux experts de l’Asset Management en Suisse. Cette enquête se focalise sur les évolutions économiques et géopolitiques, les tendances à venir sur les marchés financiers ainsi que l’environnement professionnel du secteur de l’Asset Management. Elle est réalisée semestriellement par l’Asset Management Platform.

Les résultats de la Swiss Asset Managers’ Survey en bref

Dans le sillage de la crise liée au coronavirus, les experts en placement des entreprises d’Asset Management établies en Suisse considèrent que les perspectives sont nettement défavorables pour l’économie suisse et pour les marchés financiers. Seule une petite minorité d’entre eux pense que la reprise économique suivra une courbe en V. Toutefois, par rapport à d’autres pays, la Suisse devrait nettement moins pâtir des conséquences négatives de la pandémie.

Economie et géopolitique

Sans surprise, pour les experts interrogés, la plus grande source d’inquiétude est la récession mondiale déclenchée par les mesures visant à atténuer les effets de la crise. Les tensions géopolitiques passent ainsi quelque peu au second plan, alors qu’elles se sont encore accrues depuis la dernière étude. Parmi les experts interrogés, quatre sur cinq anticipent une courbe en U pour la reprise économique, 18% un marasme persistant (courbe en L) et seulement 3% un retour rapide au rythme de croissance antérieur (courbe en V). Tous sont toutefois unanimes pour dire qu’en comparaison internationale, la Suisse pâtira moins – ou au pire autant – des conséquences de la crise liée au coronavirus.

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Marchés financiers et allocation des actifs

Selon les experts interrogés, les perspectives de rendement se sont nettement dégradées pour les actions suisses. Environ 30% d’entre eux tablent sur des rendements négatifs au cours des douze prochains mois. La politique monétaire extrêmement expansionniste adoptée pour atténuer le choc économique est considérée comme le principal moteur de rendement. En matière de taux d’intérêt, les prévisions ont encore été nettement revues à la baisse par rapport à l’étude réalisée à l’automne 2019. Ainsi, à l’heure actuelle, les experts interrogés ne sont plus que 13% à anticiper une hausse des taux d'intérêt dans un délai d’un an – la formule «lower for longer» semble décidément recueillir un large consensus. Quant au franc suisse (CHF), il devrait rester fort selon les experts. S’il ressortait de l’étude précédente que la livre britannique était la plus susceptible de s’apprécier par rapport à notre monnaie nationale, elle est désormais en queue de peloton sur ce terrain. S’agissant de l’allocation des actifs, selon les experts interrogés, les actions devraient faire l’objet d’un regain d’intérêt malgré des perspectives de rendement relativement faibles, alors que les emprunts et les liquidités n’ont pas la faveur des investisseurs.

Politique monétaire

La Banque nationale suisse (BNS) bénéficie d’un large soutien de la part des experts interrogés: 95% d’entre eux considèrent que sa politique monétaire actuelle est appropriée, ce qui traduit une adhésion record et en forte hausse par rapport à l’étude précédente (60%). Pas un seul des spécialistes ayant participé à l’enquête ne souhaite que la BNS adopte une approche plus restrictive. De même, ils sont plus de 90% à penser qu’en ce qui concerne les taux d’intérêt négatifs, rien ne changera avant 2023. Le franc suisse, qui tend à s’apprécier, ne constitue pas un risque excessif dans le contexte de choc économique que nous connaissons. La moitié des experts interrogés considèrent d’ailleurs que son évaluation actuelle est juste et 10% considèrent même qu’elle est trop faible.

Perspectives pour le secteur de l’Asset Management

Les perspectives se sont encore assombries pour le secteur de l’Asset Management en Suisse: plus d’un tiers des experts interrogés sont pessimistes quant à la situation sur les douze prochains mois. Le camp des optimistes s’est encore réduit (à désormais 13%), tandis que la moitié des experts interrogés tablent sur un environnement inchangé. Environ un quart des spécialistes ayant participé à l’enquête s’attendent donc à des suppressions de postes au sein de leurs entreprises respectives. Parmi les stratégies susceptibles de préserver la compétitivité de la Suisse à l’avenir, l’innovation et la focalisation sur une niche sont le plus fréquemment citées. Quasiment personne ne croit que les économies de coûts constituent une stratégie prometteuse.

Investissement durable

Les actifs gérés selon des critères de durabilité ont à nouveau légèrement augmenté par rapport à la dernière étude. Ainsi, on compte déjà 37% d’asset managers ayant investi plus de la moitié de leurs actifs sous gestion selon les normes ESG. La demande des clients reste certes, aux yeux des experts interrogés, le principal moteur de croissance en matière d’investissement durable. Mais les exigences réglementaires quant aux critères ESG constituent désormais un nouveau catalyseur important et les innovations des asset managers en termes de produits entraînent une accélération de la croissance bien plus forte que précédemment. Près de la moitié des experts interrogés pensent en outre qu’en raison de conditions-cadres favorables, la Suisse et en particulier le secteur de l’Asset Management en Suisse ont vocation à jouer un rôle de premier plan en matière d’investissement durable. Est considérée comme la stratégie la plus prometteuse à cet égard celle consistant à associer la promotion de la place suisse et le développement de recommandations à l’intention des asset managers, sans pour autant freiner la «course aux idées» entre prestataires.

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