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28 Juin 2020

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Les banques préconisent de rejeter l’initiative de résiliation

Les banques préconisent de rejeter l’initiative de résiliation

Le dimanche 27 septembre 2020 aura lieu la votation sur l'initiative de résiliation, qui vise à abolir la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne (UE). Son acceptation conduirait à dénoncer des accords importants pour l’économie nationale. L’Association suisse des banquiers (ASB) rejette fermement cette initiative populaire radicale.

Si la sphère politique, à l’exception de l’UDC, rejette unanimement l’initiative dite «de résiliation», les voix discordantes se font aussi fortement entendre au-delà. Des organisations de renom issues des milieux économiques et scientifiques ainsi que de la société civile militent pour un «non» le 27 septembre prochain et l’ASB adhère pleinement aux arguments qu’elles font valoir. Pour le secteur bancaire en effet, les enjeux sont considérables.

Si l’initiative de résiliation était acceptée, quelles en seraient les conséquences pour les banques?

La voie bilatérale assure aux entreprises suisses un accès privilégié au marché intérieur européen, leur principal débouché – et ce sans que la Suisse soit membre de l’UE. Accepter l’initiative de résiliation entraînerait la dénonciation des Bilatérales I et réduirait ainsi à néant l’élément moteur de la voie bilatérale suivie par la Suisse et l’UE. Cela mettrait en péril la prospérité et les libertés de nos concitoyennes et de nos concitoyens.

Si la Suisse a connu une évolution économique stable tout au long des dix-huit dernières années, c’est grâce aux Bilatérales I. Cette évolution doit être préservée et même renforcée. Elle est essentielle aussi pour les banques: qu’elles opèrent directement à l’étranger ou pas, celles-ci font partie intégrante de l’économie globale.

Le Private Banking et l’Asset Management, en particulier, sont des piliers porteurs de la place financière suisse. Ils contribuent de manière significative à la création de valeur au sein de l’économie globale. Dans les domaines de la gestion de fortune et du conseil en placement, les banques suisses sont en grande partie orientées vers l’exportation et jouent un rôle important à l’échelon mondial. Les actifs de la clientèle de l’UE sous gestion dans des banques en Suisse s’élèvent aujourd’hui à quelque CHF 1 000 milliards – et ce dans un contexte de concurrence acharnée entre les places financières internationales. Les chiffres montrent que les prestations de services financiers fournies à partir de la Suisse, réputées pour leur excellente qualité, suscitent un vif intérêt.

Par exemple, les clientes et les clients de la jeune génération attendent de nos banques qu’elles les conseillent activement en intégrant les aspects transfrontaliers. A ce jour, faute d’accords avec l’UE, celles-ci ne disposent pas d'un accès adéquat au marché. Une acceptation de l’initiative de résiliation signifierait la fin de la voie bilatérale et compromettrait par là même fortement les perspectives d’amélioration de l’accès au marché de l’UE, dont les banques en Suisse ont pourtant besoin de toute urgence. C’est donc à éviter si nous voulons conserver ce pan d’activité important qu’est la fourniture de produits et de services financiers à destination de l’UE.

Quels sont les enjeux?

Les prestations de gestion de fortune et de conseil en placement fournies à la clientèle de l’UE par les banques en Suisse sont essentielles pour notre pays, qui compte parmi les principales places financières internationales. Il faut en tenir compte. Or en cas d’acceptation de l’initiative populaire, l’érosion probable des relations avec l’UE impacterait rudement ces activités, entraînant la contraction d’un secteur exportateur important pour la Suisse. Des effets négatifs en termes de création de valeur, d’emploi et de recettes fiscales seraient inévitables pour la place financière suisse, sans compter que l’exportabilité de notre expertise en matière de finance durable s’en trouverait gravement compromise.