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21 Juin 2017

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Développement durable: optimisme tous azimuts

Développement durable: optimisme tous azimuts

Dans dix ans, le développement durable ira de soi dans le secteur bancaire et toutes les décisions financières en tiendront compte. Mais il est indispensable, d’ici là, d’améliorer la communication et de créer des cursus ciblés de formation initiale et continue.

La place financière suisse doit devenir plus durable: c’est l’objectif du «Swiss Team» mis en place par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), qui réunit des représentants du secteur financier, des milieux scientifiques, des ONG et des autorités (insight vous en a déjà parlé). L’OFEV soutient ainsi le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) qui, dans le cadre de l’enquête «Concevoir un système financier durable», a notamment défini en 2015 des stratégies visant à recentrer le système financier sur les besoins d’un développement durable.
Lors d’un entretien réalisé avec trois représentants du «Swiss Team», le magazine environnement de l’OFEV a cherché à savoir quels sont les progrès accomplis par la place financière suisse en matière de développement durable et dans quelle mesure le système de formation reflète cette tendance.

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Dr Martin Hess, économiste en chef à l’ASB, Dr David Gerber, resp. de la section Politique à l’égard des marchés financiers et resp. suppléant de la division Marchés, Sabine Döbeli, directrice de l’association Swiss Sustainable Finance (Photo: Flurin Bertschinger, Ex-Press/OFEV)

Le secteur financier et l’économie réelle au pied du mur

David Gerber, responsable de la section Politique à l’égard des marchés financiers et responsable suppléant de la division Marchés au Secrétariat d’Etat aux questions financières internationales (SFI), est convaincu qu’avec l’OFEV, la Confédération s’est emparée en temps utile de la question de la durabilité écologique en lien avec la politique à l’égard des marchés financiers. D’une part, rappelle-t-il, le Conseil fédéral a approuvé les principes de base en vue d’une politique des marchés financiers cohérente et d’un rôle actif de la Suisse dans ce domaine auprès des instances internationales; d’autre part, dans son rapport sur la politique future en matière de marchés financiers, il a attribué un rôle prépondérant à la durabilité. «Ce positionnement [en matière de finances durables] doit toutefois être amorcé par la branche elle-même», souligne David Gerber. «Les entreprises de l’économie réelle sont également invitées à bouger: si elles sont plus durables, les investissements le seront eux aussi.»

Des efforts qui commencent à porter leurs fruits

Sabine Döbeli, directrice de l’association Swiss Sustainable Finance, observe actuellement de nombreuses évolutions et une forte dynamique en matière de finances durables. Elle souligne toutefois que l’enjeu ne doit pas se réduire à des produits spécifiquement durables. «Il faut aussi les intégrer dans la sphère financière», affirme-t-elle. A cet égard, des initiatives ont été prises sur la place financière suisse. Diverses banques incluent ainsi désormais des critères de durabilité dans tous leurs processus décisionnels. Par ailleurs, selon Sabine Döbeli, l’Accord de Paris sur le climat porte ses fruits: par exemple, certaines caisses de pension commencent à délaisser les placements dans le charbon pour les énergies fossiles.

Un potentiel inexploité

Selon Martin Hess, économiste en chef à l’ASB, l’investissement durable recèle un énorme potentiel. Il y a une véritable pénurie de placements. Jamais les actifs financiers n’ont autant augmenté que ces dernières années et il faut les placer. Mais pour rendre les placements durables plus attrayants, il faut cesser de penser que la durabilité suppose des concessions, précise Martin Hess. Sabine Döbeli abonde en son sens: «J’aimerais [...] que les dirigeants du secteur financier disent clairement que les placements durables représentent une chance énorme. Cela ferait vraiment avancer les choses.» D’autres pays savent mieux communiquer et mettre les choses en œuvre rapidement.

Une soif de savoir

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Matthias Wirth, responsable Formation / Best Talents à l’ASB
Outre la communication, la formation doit être améliorée. «Aujourd’hui encore, on peut étudier la finance sans jamais avoir abordé le thème de la durabilité», constate Sabine Döbeli. La tendance actuelle en faveur des placements durables se répercute directement sur les programmes de formation initiale et continue, affirme Matthias Wirth, responsable Formation / Best Talents à l’ASB. «Les produits financiers durables sont un aspect important par rapport à la certification des conseillers à la clientèle», ajoute-t-il. Il est convaincu que la durabilité des placements sera bientôt intégrée comme une évidence dans le quotidien des professionnels de la banque et donc sur le marché.

De même, Martin Hess ne doute pas qu’elle fera partie intégrante des processus dans dix ans. «Nous sommes actuellement dans une phase d’apprentissage, qui s’achèvera bien un jour ou l’autre», note-t-il. David Gerber est lui aussi optimiste. Il espère que dans dix ans, on aura réussi à développer une norme internationale reconnue permettant d’appréhender et de présenter les placements durables de manière cohérente et transparente. Quant à Sabine Döbeli, elle se dit convaincue que les critères de durabilité seront pris en compte à l’avenir dans toutes les décisions financières.

Source
Vous trouverez l’entretien complet avec Sabine Döbeli, Dr David Gerber et Dr Martin Hess ainsi que les propos de Matthias Wirth sur la formation dans le magazine environnement, n° 2/2017, mai 2017, dossier Finances durables, www.bafu.admin.ch/magazin2017-2-06, responsable de la publication: Office fédéral de l’environnement (OFEV), 3003 Berne
Contact: +41 58 462 99 11, www.bafu.admin.ch, info@bafu.admin.ch