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2018/04/10 01:10:00 GMT+2

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Fintech: la Suisse au top

Fintech: la Suisse au top

Pas de place financière internationale sans cluster Fintech: cette affirmation lapidaire prend des allures de révélation à la lecture de la dernière étude IFZ Fintech. Le cluster existe en effet, et les conditions-cadres sont extrêmement propices à son développement en Suisse.

LaAprès une longue période d’incertitude, dans la première édition de son étude Fintech soutenue par l’ASB, l’Institut für Finanzdienstleistungen Zug (IFZ) de l’Université de Lucerne avait noté il y a trois ans que le secteur Fintech en Suisse était certes restreint, mais relativement important. Comme le montre l’étude de cette année, il s’est développé depuis lors et compte désormais en Suisse pas moins de 220 entreprises. Il est devenu un moteur non négligeable de l’économie et prend une place importante dans l’écosystème financier.

Le rôle décisif des conditions-cadres

Cette position de force s’explique notamment par les excellentes conditions-cadres dont les entreprises Fintech bénéficient en Suisse. Seul Singapour, selon l’étude, fait mieux. Au regard d’une série d’indicateurs politiques, juridiques, économiques, technologiques et sociaux, il apparaît que la Suisse distance nettement des places concurrentes comme Londres, San Francisco ou Berlin.

La Suisse dispose d’une concentration unique en son genre de compétences financières.

Pour les auteurs, il n’est guère surprenant que les initial coins offerings (ICO), actuellement en forte augmentation, soient effectués à partir de la Suisse. Cette dernière dispose en effet d’une concentration unique en son genre de compétences financières, de savoir-faire technologique et juridique, ainsi que d’experts chevronnés au sein des autorités. L’approche réglementaire pragmatique, le système économique libéral et le soutien affiché de plusieurs représentants du gouvernement offrent un terrain fertile pour les modèles d’affaires innovants.

Un développement multiforme

L’augmentation du nombre d’entreprises illustre nettement la tendance constante à la croissance du secteur Fintech. En 2017, celle-ci a été générée principalement par les nombreuses créations d’entreprises dans le domaine des registres distribués (Distributed Ledger) (+ 50% par rapport à l’année précédente). C’est un indice clair qu’il s’agit là d’une technologie d’avenir. Les articles parus ces derniers mois sur la Crypto Valley de Zoug ont sensibilisé le grand public à ce développement.

Le secteur devient ainsi un partenaire de plus en plus performant pour les banques.

Mais on est frappé aussi par l’augmentation de la taille des entreprises. D’une manière générale, on peut en conclure que les «jeunes loups», forts d’un modèle d’affaires rentable, passent par un processus de maturation. Près de la moitié des entreprises Fintech comptent entre cinq et quinze collaborateurs, dépassant ainsi pour la première fois nettement la part des très petites entreprises. Ce secteur devient ainsi un partenaire de plus en plus performant pour les banques et fait désormais partie intégrante du paysage.

Les cryptomonnaies à la croisée des chemins

Sans surprise, l’étude IFZ Fintech s’attache aussi à présenter en détail l’univers des cryptomonnaies et des ICO. Si les investissements en cryptomonnaies ont été lucratifs en 2017, le volume des ICO a explosé et grandement contribué au financement des jeunes entreprises. La Suisse est désormais réputée être un hub international de premier plan dans ce domaine.

La FINMA est une des premières autorités de surveillance au monde qui présente de manière systématique les différents cas d’utilisation des cryptomonnaies.

Cela impose toutefois des contraintes. Ainsi, il faut impérativement s’assurer que les ICO correspondent à des modèles d’affaires vertueux, qui respectent la réglementation des marchés financiers et notamment les règles internationales en matière de blanchiment d’argent. Tant les investisseurs que les autorités ont aujourd’hui du mal à le faire. La FINMA est une des premières autorités de surveillance au monde qui, dans son Guide pratique pour les questions d’assujettissement concernant les initial coin offerings (ICO), présente de manière systématique les différents cas d’utilisation des cryptomonnaies.

L’ASB est en contact régulier avec la branche et les autorités sur cette question. La mise en place de règles claires contribuera à renforcer la confiance dans le secteur Fintech. C’est une condition importante pour une place financière innovante, leader à l’échelon international, qui fournit des prestations orientées vers l’avenir et qui crée des emplois.