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2014/12/17 12:30:00 GMT+1

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Wanted: des relations stables avec l´UE

Wanted: des relations stables avec l´UE

La Suisse, pour être compétitive, ne saurait se passer de relations stables avec l´UE. Même après les votations du 30 novembre, les discussions se poursuivent quant au cadre à mettre en place à cet égard. Trouver une solution qui convienne aux banques est indispensable tant pour le recrutement de main d´uvre qualifiée que pour l´accès au marché.

Le 30 novembre, les Suisses ont dit clairement qu´ils ne voulaient pas d´un protectionnisme strict par rapport aux pays voisins. Le peuple a aussi considéré qu´il ne fallait pas compromettre l´indépendance de la Banque nationale et que l´imposition forfaitaire devait relever de la compétence des cantons.

La Suisse, pour être compétitive, ne saurait se passer de relations stables avec l’UE.

Le rejet des trois initiatives populaires «Stop à la surpopulation – pour la garantie des conditions de vie naturelles» de l´association Ecopop, «Sauvez l´or de la Suisse» et «Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires» a été un signal clair en faveur d´une Suisse compétitive, adressé notamment aux investisseurs et entrepreneurs en Suisse et à l´étranger.

Un «oui» à l´initiative Ecopop aurait fortement affecté les banques

La stricte limitation de l´immigration à 0,2% par an de la population résidant de manière permanente en Suisse, que demandait Ecopop, aurait pesé sur les banques. Ces dernières emploient en Suisse quelque 28 000 collaborateurs étrangers, ce qui représente 26% de l´ensemble du personnel bancaire.

Les banques doivent pouvoir continuer à embaucher une main d´œuvre qualifiée qu´elles ne trouvent pas en Suisse.

En 2013, les banques suisses ont recruté environ 3 750 personnes en provenance de l´UE et de l´AELE et 610 en provenance d´Etats non-européens. Le taux de chômage dans le secteur bancaire, qui est très faible (2,5%), montre que le recrutement d´étrangers ne se fait pas au détriment du potentiel national. Bien entendu, les banques recherchent des solutions pour assumer leur responsabilité et recourir mieux encore à la réserve de main d´œuvre existante – en développant le travail féminin, par exemple, ou en valorisant le potentiel de collaborateurs plus âgés. Mais ces mesures prennent du temps et ne couvriront jamais la totalité des besoins. Les banques doivent pouvoir continuer à embaucher une main d´œuvre qualifiée qu´elles ne trouvent pas en Suisse.

La recherche d´une solution avec l´UE se poursuit

Le «non» à l´initiative Ecopop ne signifie pas que le peuple relativise ainsi le «oui» à l´initiative contre l´immigration de masse. Au contraire, les discussions sur l´immigration seront encore au cœur de l´actualité au cours de l´année électorale 2015. La mise en œuvre du résultat de la votation du 9 février 2014 place le pays face à des défis de taille, car il s´agit de répondre à la fois à la volonté des citoyennes et citoyens et aux besoins de l´économie. En particulier, une résiliation des accords bilatéraux, qui ont fait leurs preuves, est à éviter.

Les tendances au repli en Suisse compromettent l´avenir des banques.

Le positionnement de la Suisse face à l´Europe ne conditionne pas seulement pour les banques l´accès à une main d´œuvre qualifiée, mais aussi l´accès au marché de l´UE. A défaut d´une solution sur la libre circulation des personnes, la solution sur l´accès au marché se fera attendre. Mais une chose est certaine: les tendances au repli en Suisse compromettent l´avenir des banques.