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30 Mars 2016

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Génération Y: comment apprend-on en 2016?

Génération Y: comment apprend-on en 2016?

Les tablettes, smartphones et autres médias sociaux sont omniprésents? Au CYP, on prépare la relève au quotidien professionnel de demain.

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Une journée au CYP
Au premier abord, il règne un silence absolu dans la salle: pas le moindre froissement de papier. Les jeunes en formation seraient-ils totalement passifs? Ou juste fatigués? En ce vendredi matin 18 mars, les nouveaux candidats à la Formation bancaire initiale pour porteurs de maturité (BEM) démarrent leur deuxième journée au CYP en présence d’un invité: Thomas Sutter, responsable Communication et vice-CEO de l’Association suisse des banquiers (ASB). Il est venu expliquer aux étudiants les tâches de l’ASB, l’importance de la place financière suisse et le rôle du numérique dans le secteur bancaire. Et en tendant l’oreille, on perçoit un léger crépitement: les doigts courent sur les claviers, prenant consciencieusement des notes.

 Aucune trace de papier

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Chaque étudiant a devant lui une tablette, outil de travail désormais incontournable. Le CYP a été créé en 2003 par des banques suisses en coopération avec l’ASB. Dans le cadre des cours interentreprises, les jeunes qui font un apprentissage bancaire ou une formation BEM acquièrent des compétences spécialisées en matière bancaire, qu’ils peuvent ensuite transposer dans la pratique. Une originalité: depuis 2012, on est passé au «tout numérique». Aucune trace de papier. Les contenus pédagogiques sont mis à disposition sur une plateforme informatique multisupport. «Le CYP n’est pas un établissement de formation classique, mais le centre de compétences des banques suisses dédié à un apprentissage moderne et pérenne», affirmait récemment Alexia Böniger, CEO, dans le supplément «Aus- & Weiterbildung» du Tages Anzeiger. La formation commerciale est en phase avec son époque, ajoutait cette experte, comme le montre le recours systématique aux formes d’apprentissage les plus modernes.

Une génération en mutation

Compte tenu des avancées numériques dans le secteur bancaire, Thomas Sutter évoque avec la génération Y une question cruciale: les banques ont-elles encore une quelconque utilité? Pour les banquiers en herbe, la réponse est claire: oui! Les clients nés à l’ère du numérique sont comme leurs aînés, argumentent-ils, ils apprécient qu’on leur serve un café et tiennent à parler à une personne en chair et en os quand ils ont un million à placer. Confier le conseil à un robo advisor? No way!

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Mais qu’en est-il du recours à des outils numériques lors de la formation? A cet égard, les participants se montrent plutôt critiques. Prendre des notes sans utiliser un bloc, ce n’est pas dans les habitudes des élèves, souligne une candidate. D’autant plus que les élèves viennent de l’école où ils ont appris sur papier, ajoute une autre. Les nouveaux outils permettent d’accéder aux documents en un clin d’œil et évitent d’avoir à transporter de gros classeurs, mais le changement n’est quand même pas évident à gérer, pense un troisième. Le problème ne réside pas dans le maniement de la tablette, il est lié au fait que son utilisation en cours est une nouveauté. Certes, les étudiants font partie de la génération Y, ils ont grandi avec les smartphones et les tablettes, ils connaissent les dernières technologies sur le bout des doigts, mais on voit ici qu’ils ont encore du mal à se convertir intégralement au numérique. «Ce n’est que la deuxième journée, l’habitude viendra et le CYP les accompagne dans ce processus», affirme Franziska Egloff, coordinatrice du cycle de formation au CYP. Elle se dit convaincue par la méthode d’apprentissage numérique. «Les tablettes et autres accessoires numériques sont de plus en plus répandus dans le monde professionnel et de plus en plus de banques travaillent avec des moyens numériques dans le cadre du conseil à la clientèle».

Bons résultats à la session de printemps 2016 des examens BEM

Les résultats impressionnants des épreuves sanctionnant le cycle de formation BEM au printemps 2016 montrent que le numérique entre bel et bien dans les habitudes et ne compromet pas la réussite aux examens. 255 candidats travaillant dans 26 banques se sont présentés à l’examen final oral de la Formation bancaire initiale pour porteurs de maturité (BEM). Pour les trois éléments de qualification BEM, les candidats ont obtenu les notes moyennes suivantes:

  • examen oral: 4,7 (244 candidats admis)
  • examens écrits: 4,8 (251 candidats «satisfaisants»)
  • situations de travail et d’apprentissage: 5,3 (255 candidats «satisfaisants»)

254 candidats se sont vu remettre le certificat BEM de l’ASB.

Pour des informations détaillées sur le cursus BEM, voir www.swissbanking.org/bem.