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Les accords fiscaux sont essentiels pour l’avenir – Confiance malgré le contexte difficile

Bâle, 04 Septembre 2012 Bien que la situation actuelle des banques soit caractérisée par une diminution des marges, de nombreux projets réglementaires et la pression persistante de l’étranger, la Suisse peut demeurer une place financière de pointe. Pour cela, les banques, les milieux politiques et les autorités de réglementation doivent toutefois travailler ensemble. Les banques visent aussi le développement de nouveaux domaines d’activité.

A l’occasion de la conférence de presse organisée tous les ans avant la Journée des banquiers, Patrick Odier, Président de l’Association suisse des banquiers (ASB), a insisté sur les nombreux défis auxquels doivent faire face les banques en Suisse, notamment dans le contexte international actuel. Il a en particulier souligné que l’ASB – et l’ensemble des banques en Suisse – plébiscitent les accords fiscaux avec l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Autriche. Equitables et équilibrés, ces trois accords présentent en effet pour toutes les parties prenantes plus d’avantages que d’inconvénients. Patrick Odier rejette catégoriquement l’idée d’une renégociation avec l’Allemagne. Selon lui, les accords constituent une opportunité historique et sont essentiels pour la stratégie dite de l’argent propre. Il a également insisté sur la nécessité de trouver une issue au différend fiscal avec les Etats-Unis. Ces derniers mois, la Suisse a concédé d’importants efforts en matière d’entraide administrative et c’est à présent aux Etats-Unis de montrer qu’une solution négociée consensuelle les intéresse. Le Président de l’ASB regrette que des données de collaborateurs aient dû être livrées aux Etats-Unis. «Dans une situation aussi difficile, il est du devoir des banques concernées d’offrir à leurs collaborateurs le soutien nécessaire», a-t-il déclaré. Il juge en revanche positives les négociations en cours entre la Suisse et les Etats-Unis pour une application facilitée du FATCA. La Suisse arrivera ainsi à un modèle qui correspond mieux à son système juridique.

«Un dialogue constructif et des solutions durables»

Il est fréquent de voir les difficultés internationales instrumentalisées pour demander davantage de réglementation et condamner sans distinction toutes les banques – notamment dans le but d’affirmer ses positions politiques. Une telle attitude menace toutefois la bonne marche des affaires des banques, qui constituent un important moteur de croissance pour la Suisse. C’est pourquoi Patrick Odier a appelé à une étroite coopération entre place financière, milieux politiques et autorités en ajoutant: «Nous cherchons un dialogue constructif permettant de trouver des solutions durables». Il a ensuite évoqué trois domaines d’importance stratégique pour la place bancaire suisse: la Suisse doit devenir un acteur central du marché mondial de l’Asset Management, elle doit poursuivre les efforts pour développer une plateforme de négoce pour la monnaie chinoise – le renminbi –, et, enfin, la formation jouera un rôle primordial pour le développement futur.

Des résultats réjouissants dans un contexte difficile

Claude-Alain Margelisch, CEO de l’ASB, s’est chargé de présenter les derniers résultats de la place financière. Le résultat agrégé des banques en Suisse a reculé de 3,8%, à CHF 59,1 milliards. Les mesures de réduction des coûts prises dans un contexte extrêmement tendu ont cependant permis de maintenir les bénéfices à CHF 13 milliards, chiffre proche du niveau de l’année dernière. Les avoirs sous gestion ont reculé à CHF 5269 milliards au total en 2011 (contre CHF 5473 milliards en 2010), ce qui s’explique notamment par la dépréciation des dépôts de titres. La part d’avoirs étrangers demeure quant à elle inchangée et représente un peu plus de la moitié de l’ensemble des avoirs gérés. On ne constate aucune délocalisation notable de capitaux à l’étranger.

Evolution des effectifs

Pour la deuxième année consécutive, on a enregistré en 2011 une légère hausse de l’emploi. Les banques anticipent néanmoins une légère baisse pour le second semestre 2012. Les effectifs au niveau national se sont accrus de 0,1% pour atteindre 108 100 collaborateurs. Selon une étude récente, les demandes de prestations émanant des banques créent 115 postes dans d’autres secteurs pour 100 postes dans le secteur bancaire. Claude-Alain Margelisch a donc insisté sur les conséquences qui en résultent pour la société lorsqu’une banque est contrainte de supprimer des postes. «La disparition d’une place financière forte détruirait aussi des emplois dans d’autres secteurs, a-t-il expliqué. Mais la Suisse peut éviter cela en créant des conditions-cadres optimales pour ses banques.» Selon l’étude citée, le secteur financier évoluera au même rythme que l’économie dans son ensemble jusqu’en 2020 et représentera alors 11,5% de celle-ci. «Même si nous sommes actuellement dans une phase de mutation, la place financière restera toujours aussi forte et son importance restera déterminante pour la Suisse», a indiqué Claude-Alain Margelisch.