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Le secteur est solide et bien préparé à affronter l’avenir grâce à sa nouvelle stratégie - le futur doit s’ancrer dans l’histoire

La conférence de presse organisée à l’occasion de la Journée des banquiers a été placée sous le signe de l’autocritique. Patrick Odier, Président de l’Association suisse des banquiers (ASB), a ainsi souligné que le secteur devait une nouvelle fois renforcer sa prise de responsabilité face à tous les groupes d’intérêts. Une vision rétrospective doit servir de leçon pour l’avenir. Si l’environnement économique en Suisse s’est révélé exigeant en 2012, les résultats n’en sont pas moins restés solides. Sur le plan stratégique, le secteur est préparé aux défis à venir. Preuve en est notamment sa ferme intention de participer à l’élaboration des futurs critères internationaux et d’en respecter le contenu. Parallèlement, l’ASB s’est montrée clairement opposée à l’idée d’un Swiss finish excessif au niveau réglementaire.

«C’est à nous qu’il appartient, dans les années à venir, de prendre nos responsabilités envers nos clients, nos collaborateurs, l’économie, la société et la prochaine génération de banquiers», a souligné Patrick Odier, Président de l’ASB, lors de la conférence de presse annuelle organisée à l’occasion de la Journée des banquiers à Zurich. Les banques, a-t-il expliqué, ont adapté leur stratégie aux nouvelles conditions-cadres: «Notre stratégie peut se résumer en quelques mots: conformité fiscale, normes internationales, croissance grâce à l’ouverture des marchés et concurrence loyale».

Patrick Odier s’est montré optimiste quant à l’avenir: d’une part, la conjoncture favorable dont bénéficient les banques et, d’autre part, l’émergence et le développement d’autres domaines d’activités tels que la gestion d’actifs, le financement commercial et les prestations liées au renminbi devraient permettre une croissance durable de la place financière suisse.

Oui aux normes internationales, non au Swiss finish

«Un engagement clair en faveur du respect des normes internationales implique un refus clair des solutions purement nationales, à l’instar de ce qui est actuellement évoqué en matière de conformité fiscale des avoirs étrangers», a déclaré Patrick Odier, qui a en conséquence plaidé pour une suspension de la stratégie dite de l’argent propre.

L’accès au marché de l’UE est essentiel pour la croissance

Claude-Alain Margelisch, CEO de l’ASB, a quant à lui insisté dans son discours sur l’importance de l’accès au marché pour l’avenir des banques. Dans ce contexte, il a mentionné le projet de directive européenne MiFID II, qui fait planer sur les Etats tiers, et donc sur les banques en Suisse, la menace d’une discrimination encore accrue en matière d’accès au marché européen par ailleurs important pour la place financière helvétique. «Nous devons nous efforcer de trouver une solution satisfaisante pour la mise en œuvre de la MiFID II, le cas échéant à moyen terme par le biais d'un accord sur les services avec l’UE», a estimé le CEO de l’ASB. Dans ce contexte, il a rappelé qu’il est essentiel de régler les questions institutionnelles.

Appel à une protection des investisseurs judicieuse et raisonnable
Le CEO de l’ASB a par ailleurs estimé que le projet suisse de loi sur les services financiers constituait une mesure appropriée et a appelé les banques à assumer leurs responsabilités en matière de protection de l’investisseur. «Information et transparence appropriées sont les deux meilleurs moyens d’assurer la protection de l’investisseur – et non pas des interdits stricts», a précisé Claude-Alain Margelisch. A ce propos, il a mis en garde contre un excès de zèle du législateur et a fermement rejeté un Swiss finish en matière de protection de l’investisseur.

Un environnement riche en défis

Les chiffres actuels de la place financière suisse, tels qu’illustrés par le Baromètre bancaire publié chaque année, font état de résultats satisfaisants:

  • Les actifs sous gestion ont continué leur progression. Dans l’ensemble, les banques en Suisse géraient à fin 2012 l’équivalent de CHF 5565 milliards, soit CHF 320 milliards de plus qu’en 2011. Avec un peu plus de 50%, la part des avoirs étrangers est restée stable. Une fois encore, aucune sortie notable de capitaux étrangers n’est ainsi à déplorer.
  • Le résultat consolidé des banques en Suisse a encore stagné en 2012. La hausse du résultat des opérations d’intérêts et des autres résultats n'a pas entièrement compensé le recul des revenus issus des opérations de négoce. Le résultat des opérations de commissions et prestations de services est resté la composante majeure du résultat des banques en Suisse, à environ 40%.
  • La mise à disposition de crédits à l’économie s’est déroulée sans difficulté: les limites de crédit octroyées ont progressé de 4,7% à CHF 1105 milliards en 2012, alors que les crédits utilisés ont également augmenté de 5,7%. Les limites de crédit n’ont donc été utilisées qu’à 86,2%. Les créances hypothécaires suisses se sont inscrites en hausse de 5,8% et sont restées la composante principale de la demande de crédit nationale à 83,7%.
  • Après avoir légèrement augmenté leurs effectifs en 2011 (+0,14%), les banques en Suisse les ont quelque peu réduits en 2012. Elles ont ainsi employé 105 166 collaborateurs au niveau national, soit 2,7% de moins que l’année précédente.

Journée des banquiers

La Journée des banquiers est l’Assemblée générale annuelle de l’Association suisse des banquiers (ASB). Elle représente un des temps forts de l’année bancaire dans le pays. L’édition 2013 de cet événement se tient aujourd’hui à Berne. Parallèlement à l’allocution de bienvenue prononcée par Patrick Odier, Président de l’ASB, le Conseiller fédéral Alain Berset, Chef du Département fédéral de l’Intérieur, transmettra le message du Conseil fédéral. Cette Journée des banquiers organisée à Berne accordera une place centrale aux échanges entre personnalités issues du monde bancaire, politique et industriel ainsi que différents ambassadeurs, conférant ainsi à cette Assemblée générale un rayonnement international. Environ 350 participants sont attendus à cette occasion.

Communication aux médias

Le Baromètre bancaire 2013 ainsi que le discours de Claude-Alain Margelisch pourront être consultés à partir de 9h00 sur www.swissbanking.org. Le discours du Président de l’ASB, Patrick Odier, sera mis à disposition à l’issue de la Journée des banquiers, à 17h30 sur www.swissbanking.org.

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